Pour ma deuxième lecture de l’année, j’ai décidé de sortir de ma zone de confort faite de polars et de dystopies. C’est après avoir écouté le podcast La Page Blanche que la rencontre entre l’auteure et Emilie m’a donné envie de lire ce lauréat du prix Médicis Étranger 2019, Miss Islande de Audur Ava Olafsdottir.

L’histoire, racontée par Hekla, suit son parcours ainsi que celui de ses deux meilleurs amis, Isey et Jon John. Alors que Hekla n’aspire qu’à être écrivain, Isey subit sa situation de mère de famille et Jon John cherche sa place dans la société islandaise des années 60 en tant qu’homosexuel et aspirant couturier.

 « Une phrase vient à moi puis une autre, une image se dessine, cela fait tout une page, tout un chapitre qui se débat dans ma tête, pataud comme un phoque pris dans un filet. J’essaie d’accrocher mon regard à la lune par la lucarne, je demande aux phrases de s’en aller, je leur demande de rester, il faut que je me lève avant qu’elle ne s’évanouissent. »

Miss Islande (Audur Ava Olafsdottir)

Si on est ici à des années lumières de ce que je lis d’habitude, ce fut un coup de cœur. Miss Islande est une œuvre poétique dénonçant la situation de la femme dans les années 1960 à tel point qu’on se demande parfois si les situations ne sont pas exagérées à l’extrême. On s’attache rapidement à ces trois personnages aux aspirations avant-gardistes, coincés dans une société insulaire où ils ne parviennent pas à s’épanouir car ne rentrant pas dans les stéréotypes désirés de l’époque.

J’ai d’autant plus été touchée par Hekla et Isey car toutes deux ont le besoin d’écrire et d’extérioriser leur quotidien et leurs pensées par l’écrit dans une société où la femme n’écrit pas mais est là pour s’occuper d’un mari et élever les enfants de celui-ci.

Olafsdottir expose ensuite avec brio et finesse la problématique de l’insularité et de l’isolement géographique à l’heure où Internet n’existe pas encore. On y découvre aussi la fierté et l’indépendance du peuple islandais face à la mondialisation.

Une lecture belle et douce que je recommande chaudement.