Quelle est la limite entre inspiration et plagiat ?

Une grande peur de tout auteur est sans doute celle d’être plagié. En tant que lecteur, il est fréquent d’avoir des «  déjà-lus »,une impression d’avoir déjà lu une chose familière quelque part. Mais peut-on alors déjà parler de plagiat ?

Un cas d’école : Harry Potter à l’école des sorciers et L’île du Crâne.

La première dois que j’ai lu L’île du Crâne (A. Horowitz), j’ai été très perplexe face aux similitudes que l’histoire présentait avec Harry Potter à l’école des sorciers (J. K. Rowling).

Pour résumer l’histoire écrire par Anthony Horowitz : David est le septième fils du septième fils et s’entend très mal avec ses parents. Son père est décrit comme gros, gras et violent. La mère de David, elle, est grande et mince. David reçoit un jour une lettre l’invitant à rejoindre une école mystérieuse. Dans le train qui l’emmène à l’école, il rencontre ses deux futurs meilleurs amis, Jill et Jeffrey. Lorsqu’ils arrivent à la gare de destination, ils sont accueillis par Gregor, un bossu avec un seul oeil et ils rejoignent l’école en bâteau… Ecole qui, vous l’aurez compris, est une école de magie.

L’île du Crâne est paru en 1988 et le premier tome de Harry Potter sortira dix ans plus tard. Etant une grande fan des deux auteurs, j’avais alors été déçue par ce que j’avais considéré à l’époque un plagiat de la part de J. K. Rowling. J’ai récemment voulu investiger le sujet un peu plus et je suis tombée sur plusieurs articles de blog reprenant toutes les similitudes des deux livres et où l’auteur du post donnait son avis sur le fait qu’il y avait copie ou non. J’avais été surprise par les commentaires sous ces articles ; la majorité disait que Harry Potter était de toute façon bien meilleur que le roman d’Horowitz et que donc la question ne se posait pas.

Ah bon ? Le fait est que Horowitz a fait deux tomes et Rowling en a fait sept ; il est clair que la série de Harry Potter a créé un monde beaucoup plus complet et que l’intrigue est ainsi plus complexe. Mais il est selon moi impossible de dire si un est meilleur que l’autre. D’autant plus que les deux ambiances sont totalement différentes, l’ile du Crâne étant beaucoup plus sombre et tordue.

Mon avis est que Rowling s’est consciemment ou inconsciemment inspiré d’Anthony Horowitz et je ne pense pas qu’il y ait de mal à cela. Le problème est selon moi que l’auteur devrait pouvoir le reconnaître.

Une autre auteure ayant pompé la base de son histoire a quelqu’un d’autre est évidemment E. L. James avec 50 Shades of Grey. Ici, James ne s’est jamais cachée car 50 Shades était à la base une fan-fiction de Twilight. Je ne pense n’avoir lu aucune critique à ce propos ou alors très peu. Maintenant, j’avoue ne pas m’être éternisée à la recherche d’informations à ce propos, mon intérêt pour ces deux séries étant très faible (pour ne pas dire nul).

Et en tant qu’auteur ?

Si, quand on écrit une histoire, on a parfois à la prétention de penser que c’est tellement génial qu’on va nous voler notre idée, j’ai été confrontée à la peur de copier moi-même d’autres auteurs, en particulier Agatha Christie.

Je travaille actuellement sur un meurtre en huis-clos que j’espère très fort vous partager un jour. Se faisant, j’ai à plusieurs reprises eu l’impression d’écrire quelque chose de similaire de près ou de loin à des choses que j’avais déjà lues.

Je me suis demandée s’il fallait modifier ces passages/parties de l’intrigue mais il m’a semblé que, à la fin, il est impossible d’écrire quelque chose de complètement neutre de toute influence. Les lectures d’un auteur sont une grande partie de ses inspirations. Aussi, afin d’éviter tout malentendu, j’ai cité mes sources d’inspiration de manière plus ou moins subtile.

L’inspiration et le plagiat sont donc pour moi deux choses bien différentes, bien que la limite en soit très floue. Et bien que l’inspiration transparaît parfois de manière inévitable, ilest toujours bon d’en faire mention ou d’au minimum en avoir conscience afin de ne pas tomber dans les travers du plagiat.



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